La conserverie de vieux Une comédie pour traduire les aspérités de la galaxie du grand âge
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Que faire des vrais vieux ? Ou les loger ? Comment représenter leur existence alors que la "nouvelle jeunesse" des boomers conduit à occulter les dernières saisons de la vie ? Avec "La conserverie de vieux", deux jeunes auteurs-comédiennes, Alice Fahrenkrug et Cécile Delhommeau ont réalisé un travail d’immersion au sein des services gériatriques pour évoquer la génération vermeil et le microcosme qui gravite autour : personnel soignant, vendeurs de jeunesse, petits enfants ingrats... Un document. |
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Depuis deux ans, les comédiennes, Alice Fahrenkrug, 27 ans, et Cécile Delhommeau, 29 ans, tournent avec une pièce intitulée La conserverie de vieux que leur a inspiré un séjour d’observation en service gériatrique. Leur pièce est présentée à nouveau à Rennes les 28 et 29 avril au festival Mythos. L’intérêt sociologique et communicationnel de la pièce réside dans la démarche des deux jeunes femmes. Elles illustrent en effet une vision douce-amère de l’avancée en âge et des professions qui l’entourent. Leur pièce constitue un document-reflet condensant les marques négatives qui devront être surmontées pour positiver l’image de la grande vieillesse. "Aujourd’hui, on voue un culte à la jeunesse", expliquent les deux auteurs-comédiennes. "C’est pourquoi, les vieux intéressants dans notre société sont ceux qui sont mobiles autonomes, alertes, consommateurs, qui font des voyages, qui surfent sur Internet... Les autres sont des êtres trop vulnérables et plein de faiblesses. Ils sont dépendants d’une réalité qui justement rejette la dépendance, la lenteur, l’inefficacité, ...Donc, on cache les vieux qui ne sont pas jeunes." Les deux comédiennes-auteurs ont déjà représenté plus d’une vingtaine de fois leur spectacle à travers la France. Leur démarche illustre un questionnement générationnel sur le grand âge exprimé notamment par un travail sur les mots : "Quand on est jeune on ne peut pas se mettre dans la tête et le corps d’un vieux. La mort et la vieillesse ne sont pas au centre de nos préoccupations et pourtant elles nous interrogent sur le sens de la vie. Si la vie le permet, un jour les jeunes seront des vieux. Tous les vieux ont été des jeunes. Et nous comment on sera quand on sera vieilles ?" L’objectif de "La conserverie de vieux" qui est, de préférence, représentée dans des salles favorisant l’intimité avec le public, envisage les conséquences de l’évolution démographique : "Nous posons la question : "qu’est ce qu’on va faire de tous ces vieux ? Nous ne sommes ni sociologues, ni démographes, ni économistes, et pourtant nous cherchons des réponses : Vivre avec nos vieux, cultiver la solidarité intergénérationnelle ou construire des parcs à vieux... Nous nous amusons à imaginer jusqu’où pourrait aller la réalité ; réalité qui parfois dépasse notre imaginaire." La pièce a mûri dans une observation de plusieurs mois en maison de retraite à Oléron. Le tandem a observé "autant les personnes qui vivent chez elles, que celles qui vivent en institution. Pour cela nous sommes en relation avec des maisons de retraite, des R.P.A., des réseaux d’aide à domicile, des clubs seniors...En dehors de la famille et du voisinage, nombre de professions gravitent autour de "la personne âgée" : auxiliaires de vie, infirmières, aides soignantes, gériatres, animateurs, psychologues, cuisiniers, investisseurs en tous genres (immobilier, consommables, médicaments...) Les deux partenaires viennent de l’univers du conte, mais c’est l’actualité qui les motive : "Rencontrer l’entourage des vieux nous permet de confronter notre point de vue sensible, aux réalités économiques et au quotidien. Ceci n’est pas un travail de collecte de mémoires. Nous cherchons davantage à nous imprégner du présent que du passé." Contacts : Cécile Delhommeau Tel : 06 75 46 67 36 Alice Fahrenkrug Tel : 06 15 50 82 73 Site Internet : www.passeursdecontes.com Source : Jean-Yves Ruaux |
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