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Maurice Bonnard, vice-président de la communauté d’agglomération, en charge de la culture et du patrimoine.

La Communauté d’agglomération Val de France regroupant 4 villes (Sarcelles, Villiers-le-Bel, Arnouville-lès-Gonesse et Garges-lès-Gonesse dans le Val d’Oise) s’est investie depuis 2003 dans une démarche de valorisation du patrimoine. La Mission Mémoires et identités en Val de France, dirigée par Catherine Roth, éthnologue, a initité et soutenu de nombreux projets menés par et en partenariat avec des associations, écoles, institutions, habitants.

VALORISER LE PATRIMOINE DE VAL DE FRANCE

Maurice Bonnard est le vice-président de la communauté d’agglomération en charge de la culture et du patrimoine revient dans cet entretien sur les objectifs et les acquis de cette démarche.

Patrimoine en Val de France : Pourquoi Val de France s’est intéressé au patrimoine ?

Maurice Bonnard : Val de France est né de la volonté d’élus municipaux d’élaborer et de concrétiser ensemble des projets d’avenir dont la dimension dépassait l’échelle de chaque commune membre, comme le développement des zones d’activité ou la restructuration des pôles gare. Les deux « slogans » successivement adoptés par Val de France, « terres d’avenir » et « plus forts ensemble », en constituent une synthèse simple mais éloquente.

Partager un ensemble de projets communs ne fonde pas automatiquement l’intercommunalité, qui se construit dans la durée. Aussi, nous avons constamment à l’esprit la nécessité de donner toujours plus de sens au regroupement de nos villes que sont Sarcelles, Villiers-le-Bel, Arnouville-lès-Gonesse et Garges-lès-Gonesse. Un double pari pour le moyen terme : que les habitants de ces quatre villes s’approprient le territoire de Val de France et que ce territoire soit connu et reconnu à l’extérieur.

La richesse patrimoniale des nos villes et l’existence de nombreuses initiatives dans le domaine de l’histoire et du patrimoine, telles les travaux des associations Fusion, Jeunesse Préhistorique et Géologique de France (JPGF), Sarcelles et son Histoire, Arnouville et son passé, nous ont incités à considérer que le patrimoine, au sens large du terme, pouvait aider, entre autres leviers, à relever ce pari.

Encore fallait-il crédibiliser cette option. Pour ce faire, la communauté d’agglomération Val de France s’est doté d’un outil, la Mission Mémoire et Identités en Val de France (MMIV), créée en décembre 2003 et confiée à Catherine Roth, ethnologue.

PDVF : Quelles sont les missions de la MMIV ?

MB : J’ai, au nom des élus de Val de France, construit avec Catherine Roth un cadrage se déclinant en quatre points :

-  donner la priorité aux travaux concernant d’une part les grands ensembles, dont l’intégration dans le patrimoine local est encore timide alors qu’ils ont fortement marqué le territoire et qu’ils se transforment dans le cadre d’opérations de rénovation urbaine, d’autre part les archives, qui constituent un support fragile, volatile et pourtant une base irremplaçable de l’action patrimoniale, mémorielle et historique.

-  accomplir un travail en partenariat avec les habitants soit individuellement, soit en groupe en veillant à ce que les approches communales induisent des retombées intercommunales et en favorisant, autant que possible, les actions intergénérationnelles

-  conduire un travail selon les normes de la démarche scientifique (conseil scientifique, encadrement par des professionnels tels que historiens, ethnologues, archivistes, bibliothécaires...)

-  valoriser le travail accompli, privilégier les réalisations concrètes et la publication comme mode de diffusion. Les différentes actions menées depuis 2003, avec de nombreux partenaires et dans les quatre villes, ont scrupuleusement respecté cette « feuille de route » : ateliers développant une démarche participative, politique éditoriale valorisant les travaux des acteurs, outils favorisant la conservation des archives, etc.

Y a-t-il une perspective à long terme ?

MB : A la création de la MMIV, j’avais l’idée que notre communauté d’agglomération pourrait, dans les années à venir, héberger un centre d’interprétation de la ville, c’est-à-dire un écomusée, ou centre de ressources voué à l’histoire et au peuplement du territoire. La situation emblématique de Sarcelles mais aussi de Villiers-le-Bel et de Garges-lès-Gonesse, les opérations de rénovation urbaine projetées dans ces différentes villes, les recherches déjà accomplies par des associations locales dynamiques, y compris sur la naissance et le développement de nos villages traditionnels, me semblaient de bonne augure.

Ce centre d’interprétation « basé » à Sarcelles - le maire de Sarcelles en avait exprimé le vœu - pourrait travailler en complémentarité avec, d’un côté, le Musée Historique et Archéologique en voie de développement sur la communauté de communes Roissy Porte de France et, d’un autre côté, avec le Musée National de la Renaissance d’Ecouen permettant de valoriser, outre Val de France, tout l’est du Val d’Oise.

Qu’en est-il aujourd’hui ?

MB : Je suis conscient que, même si ce projet de centre d’interprétation était maintenu et validé par les élus de la communauté d’agglomération, sa réalisation ne pourrait voir le jour avant quelques années. Il faut reconnaître qu’être financièrement la plus pauvre des 162 communautés d’agglomération existantes à ce jour ne favorise pas l’émergence de tel projet.

Pour l’immédiat, je souhaite que rapidement des propositions soient faites visant la création d’un musée virtuel permettant à la MMIV de poursuivre encore plus efficacement son travail et ses recherches. Ce site Internet interactif serait alimenté par la mise en ligne des travaux déjà effectués et intègrerait, si possible, ceux accomplis par les personnalités et associations de la communauté d’agglomération. Il permettrait d’apporter une réponse adaptée aux nombreuses sollicitations qui nous parviennent, en particulier des écoles, concernant le patrimoine. En complément de la réalisation et de l’animation de cet espace numérique, un ou deux ateliers patrimoniaux « de terrain » devraient pouvoir être maintenus et fonctionner en relation avec les bibliothèques de Val de France. Bien entendu la livraison annuelle de la revue Patrimoine en Val de France serait, elle aussi, maintenue.

En conclusion, alors que l’action culturelle de la communauté d’agglomération commence à se structurer, la MMIV doit trouver sa place en articulation avec deux autres missions que Val de France doit ou devra assumer, à savoir : le développement de la lecture publique et la constitution d’un service d’archives dont le périmètre reste à définir.

Source : Revue Patrimoine en Val de France N° 4 septembre 2006

Lire l’article sur le travail de mémoire réalisé en 2006 sur le grand ensemble Les Carreaux à Villiers-le-Bel.


Publié le 11 septembre 2006
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