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Un toit, deux générations, un besoin social ?
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Des personnes âgées vivant seules proposent, contre des menus services, d’héberger des étudiants en mal de logement. Après le succès d’une initiative partie de Barcelone, il y a 7 ans, 8 associations françaises ont lancé à partir de 2004 des formules similaires. |
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« Un toit, deux générations », une charte de bonnes pratiques, a été élaborée mi-décembre 2004 par le Secrétariat d’Etat aux personnes âgées, la Fondation nationale de gérontologie et Sciences-Po. Elle a été lancée officiellement le 31 mars dernier lors du salon des Seniors organisé par Notre temps magazine. A ce jour, une soixantaine de binômes étudiants/personnes âgées a été créé par trois associations, LeParisolidaire, ESDES Services Inter-Générations et Concorda Logis. Un nombre plus important est prévu pour la prochaine rentrée universitaire. En attendant une évaluation d’étape, Accordages propose de faire le point sur cette démarche et ses réalisations. « Un toit, deux générations », pourquoi ? Deux constats majeurs sont à l’origine de cette démarche :
Principes d’une démarche La démarche « Un toit, deux génération » ne prétend résoudre ni le problème du logement des étudiants ni celui de l’isolement des personnes âgées. Son objectif est de créer, là où c’est possible, les conditions de rencontre entre une personne âgée et un(e) étudiant(e) dont les besoins et les attentes peuvent être convergents. Pour l’étudiant(e), un logement au moindre frais, pour la personne âgée, une opportunité de rompre son isolement. Enfin, pour les deux une cohabitation, source de liens d’échange et de solidarité réciproques. Plusieurs conditions doivent être réunies pour former un binôme :
Les deux parties se mettent préalablement d’accord sur les conditions de leur cohabitation (durée, attentes, exigences, possibilités). Cependant, deux dangers doivent être évités :
Modalités d’action
Afin de créer d’harmonieuses et durables cohabitations, une première rencontre est organisée chez la personne âgée et un délai de réflexion est offert aux deux parties. Enfin, en cas d’accord, une charte personnalisée définissant précisément les conditions de leur cohabitation est signée en présence de l’association médiatrice. Un suivi des binômes tout au long de la cohabitation est ensuite nécessaire : s’assurer du bon fonctionnement et du respect des contrats préalablement établis, répondre aux demandes des étudiants et des personnes âgées, intervenir en cas de litiges. Pour bénéficier de ce service, les deux parties adhèrent à l’association qui les met en contact avec le paiement d’une cotisation annuelle variant entre 60 et 80 € pour l’étudiant, et 150 et 300 € pour la personne âgée, selon les associations et les régions. Ces cotisations permettent aux associations de couvrir une partie de leurs charges de fonctionnement. Les associations fonctionnement à ce jour grâce au bénévolat de leurs animateurs et pour certaines aux subventions reçues des pouvoirs publics. Les bénéficiaires : qui sont-ils ?
Bilan et perspective Rentrée 2005 Depuis son lancement, à la rentrée universitaire 2004, une soixantaine de binômes a été constitué. Pour celle de 2005, une petite centaine de cohabitation est prévue. Cependant, de nombreuses demandes d’étudiants restent non satisfaites puisque les seniors sont moins nombreux à proposer ce type d’accueil. En effet, on est loin de l’engouement médiatique que le lancement de cette formule a suscité et du succès qu’elle a connue en Espagne, pays où elle a été initiée il y a plus de dix ans. L’expérience est encore trop récente en France pour en faire un premier bilan. A ce jour, nous n’avons pas de données chiffrées sur les échecs, seule Concorda Logis déclare 4 échecs pour raison de non respect des termes de leur contrat. Toutefois, plusieurs hypothèses peuvent être avancées pour expliquer le succès modeste d’une démarche largement médiatisée : Des réticences fortes chez les seniors, un obstacle à lever Accueillir une personne qu’on ne connaît pas n’est pas aisé. Les personnes âgées sont plus réticentes à le faire, selon Mme Thuillez, fondatrice de Logement intergénérationnel. Elles sont plus réticentes à accueillir une « personne étrangère » ceci pour des raisons culturelles, et ont souvent une mauvaise image des jeunes. Une formule qui ne touche pas les personnes âgées les plus isolées Les personnes âgées qui rencontrent des incapacités plus ou moins sévères dans leur vie quotidienne sont moins demandeuses de ce type de cohabitation : sentiment de peur, pas habituées à partager son logement avec une personne qu’elles ne connaissent pas, un mode de vie plus centré sur soi... alors qu’elles sont plus concernées par l’isolement. Mieux mobiliser les réseaux de proximité Selon Oana Barré, fondatrice de Concorda Logis, les personnes âgées font circuler l’action par le bouche-à-oreille, et les demandes d’information viennent souvent sur recommandation d’un ami ou de la famille. Outre la diffusion de l’information dans la presse, les acteurs intervenant auprès des plus âgés, acteurs sociaux, réseaux associatifs seniors, familles, gestionnaires HLM, peuvent jouer un rôle important afin de mieux expliquer et rassurer les personnes âgées. D’où la nécessité de bien expliquer la démarche : ni une location ni un service à domicile. Mieux définir les limites des engagements réciproques de la cohabitation Les deux parties doivent être conscientes des obligations de la cohabitation en général et des engagements signés dans la charte en particulier. L’étudiant ne doit pas être intéressé uniquement par l’accès à un logement sans frais de location. La personne âgée accueillante ne peut exiger de l’étudiant de se substituer à une aide ménagère. Tous doivent être motivés par une envie de partage et d’échange réciproques, selon un arrangement qui reste librement consenti, néanmoins encadré par une charte. Un phénomène de mode ou un vrai besoin social ? Un bilan est en cours de réalisation, les résultats seront communiqués l’été ou l’automne prochains. La constitution, sous la houlette du secrétariat d’Etat aux personnes âgées, d’un réseau des associations concernées, avec une charte de bonnes pratiques, sera sans doute un levier d’action en faveur d’une démarche pertinente et solidaire. Retrouver sur Senioractu.com le portrait de quatre acteurs de la cohabitation étudiants/personnes âgées dans le cadre d’interviews ainsi que tous les détails sur l’opération « Un toit deux générations » : http://www.senioractu.com/index.php ?action=rubrique&id_rubrique=20960 Mohammed Malki - 25 mai 2005 [1] INSEE, Enquête annuelles de recensement : premiers résultats de la collecte 2004, N° 1 001 - Janvier 2005. |
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