Unis-Cité veut écrire l’album souvenir d’une génération
|
|
« Un vieillard qui meurt, c’est une bibliothèque qui brûle », disait un écrivain malien. Unis-Cité veut mettre les livres à l’abri. Seize volontaires vont, dès octobre, tendre l’oreille aux seniors pour ouvrir l’album souvenir. Au sein de structures d’accueil. Avec un intérêt particulier pour « ce qui les faisait vibrer, ce que c’était d’avoir 20 ans à l’époque, précise Guillaume Hardy, chargé du recrutement et de la formation à Unis-Cité. Des thèmes sur lesquels jeunes et anciens pourront se rejoindre. » À la clé, une somme baptisée Mémoire de nos aînés. |
|
|
L’association Unis-Cité mobilise ses volontaires autour d’un projet national : la collecte des souvenirs des aînés. L’antenne lilloise sera pilote, dès octobre. Hélène Leurent et Guillaume Hardy conduiront l’expérience lilloise, qui doit être généralisée en janvier. Avec Nantes et Bordeaux, l’antenne de Lille a été choisie pour expérimenter ce projet avec seize jeunes, jusqu’en janvier. Ils se répartiront, pendant la moitié de la semaine, entre la résidence de la Fraternité à Roubaix et la résidence Beaupré à Haubourdin. Puis, en 2009, ils seront cent engagés dans la région à se moissonner patiemment deux cents passés recomposés. Vaste programme rendu possible par le travail de longue haleine mené toute l’année par les engagés d’Unis-CIté. L’association place « le développement durable et la lutte contre l’exclusion » au rang des priorités des engagés de six et neuf mois. Or l’isolement frappe particulièrement les personnes âgées. « Dans le Nord - Pas-de-Calais, 18 % de nos actions se font auprès d’eux », indique Hélène Leurent, coordinatrice des équipes sur le terrain. Cette première thématique nationale s’imposait donc naturellement. Guillaume Hardy s’en félicite : « C’est bien beau les discours sur l’intergénérationnel, mais mettre un jeune en présence d’un vieux, ça ne suffit pas. Il faut une excuse pour se parler. La mémoire en est une. » Les volontaires feront mieux que parler : ils vont écouter. Et enregistrer. « Ils seront formés à la prise de son, à l’écoute intime, à la mise en confiance », note Hélène Leurent. Le résultat, en textes, sons et photos, sera exposé in situ et publié sur internet. Le dessein arrive en tout cas à point nommé pour démontrer la force d’entraînement de l’association, alors que se joue l’avenir du service civil. L’ancien ministre Luc Ferry doit rendre ces jours-ci un rapport. En cette période de vaches maigres, on imagine mal l’État desserrer les cordons de sa bourse. « C’était le bon moment de montrer qu’on peut avoir un impact important, reconnaît Guillaume Hardy. Mais on est sereins. On peut exister même si le service civil (institué par la loi de 2006) disparaît. On existait avant. » On s’en souvient. • S. B. Les aspirants volontaires ont jusqu’au 25 septembre pour postuler. L’association cherche aussi des relecteurs pour les entretiens. Tél : 03 20 70 32 59. |
|