Art & culture
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L’horizon et la mémoire |
| Les ateliers d’écriture de la Filature du pont de fer relient la résidence Les Glycines et l’école primaire de la commune de Lasalle. Une correspondance à la découverte de l’autre et de sa créativité. |
| Public : 26 enfants de 9-11 ans (17 filles et 9 garçons) / 12 personnes âgées (3 hommes et 9 femmes). | |
| Partenaires : Drac Languedoc-Roussillon, Commune de Lasalle, Département du Gard, Fondation de France, Radio Escapades | |
| Date : 2003 | |
| Genèse et Montage du projet | |
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Le projet "L’Horizon et la mémoire", débuté en octobre 2003, consiste en la mise en place d’une correspondance entre 26 enfants de 9 à 11 ans et 12 personnes âgées au moyen d’ateliers d’écriture. Porté par Martine Omé, une artiste de l’association culturelle La Filature du pont de fer, il est né de la conjonction entre les motivations de différents ’’acteurs’’ locaux :
L’école primaire a élaboré un projet artistique et culturel et un groupe motivé de résidents de la maison de retraite a été constitué. Les directeurs de la Résidence des Glycines offraient d’emblée des conditions d’ouverture de leur institution sur les animations extérieures et sur la vie sociale du village. Objectifs L’action apporte une réponse à un besoin pour chacun des groupes :
La finalité des ateliers d’écriture est de créer du lien entre les enfants et les personnes âgées par la (re)découverte du plaisir de l’écriture, de la langue française et de recevoir du courrier. |
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| Mise en oeuvre de l'action | |
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Déroulement des ateliers
L’animatrice ménageait régulièrement des rencontres avec les partenaires (institutrice, directeurs de l’école et de la maison de retraite) pour les informer du déroulement et des résultats observés durant les ateliers. Elle consacrait systématiquement une partie de son atelier à la restitution (lecture) des textes écrits par l’autre atelier. Ateliers d’écriture 2004 Les ateliers d’écriture ont eu lieu une fois par mois, d’octobre 2003 à mars 2004. Soit 8 séances d’une durée de deux heures à l’école ou à la maison de retraite. 8 mois après le début du projet, un livret en forme de dépliant présente un extrait de ces textes. Ce livret des correspondances a été distribué à chacun des participants lors de l’événement de clôture. Les lettres et textes échangés ont été valorisés par la lecture des comédiennes lors de cette rencontre conviviale. Une lecture publique faite par 3 comédiennes a eu lieu le 11 juin 2004. Une centaine de personnes assistaient à la lecture publique, en présence des partenaires, du président de l’Office de tourisme, et du correspondant local du Midi Libre. Ateliers d’écriture 2005 Les séances d’écriture se sont déroulées d’octobre 2004 à juin 2005. Elles sont restées mensuelle, mais la durée s’est allongée d’une heure. Elles ont eu pour objet la fabrication d’un livre. L’association typographique Encre & Lumière a animé 3 ateliers : « typographie », « linogravure », « teinture de papier à la cuve ». |
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| Financement, administration et logistique | |
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Associations ou organismes partenaires associés à l’action 2004 Budget : 5953 euros
Partenaires financiers 2005 Budget : 6250 euros
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| Bilan et Perspectives | |
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Bilan de l’action 2004 Les enfants ne connaissaient pas les personnes âgées. Les personnes âgées n’avaient jamais entendu parler de ces enfants. Grâce à ces ateliers ils se découvrent, font connaissance, et en écrivant se racontent, se surprennent et se livrent des bouts d’histoire, des traces de vie et des morceaux de rêve. Ainsi, toute la mémoire des anciens se transmet, avec les rêves des enfants. A Lasalle, les repas de cantine des enfants sont servis dans les locaux de la maison de retraite (salles à manger distinctes), qui se trouve en face de l’école. Ce contexte a sans doute facilité les liens une fois qu’ils ont été établis au travers des lettres : une fois l’action commencée, certains enfants prenaient l’initiative de partager leur repas avec une / des personnes âgées de leur choix. Par la suite, même les enfants qui ne fréquentent pas la cantine n’ont pas hésité à franchir les portes de la maison de retraite, spontanément, pour aller à la rencontre de leur correspondant. Les enseignants de l’Ecole Primaire ont constatés les résultats inattendus de cette animation d’écriture dans la classe, auprès des enfants les plus fermés aux apprentissages de la langues, et les plus en difficultés dans leurs relations aux autres. Aussi, la future classe de Cm1/Cm2 a été sensibilisée à ce travail en assistant à la lecture publique des écrits de leurs camarades. Lors de la première rencontre aux Glycines, certaines personnes âgées ont confié leur peur de réécrire après les années passées sans la pratique. De ce fait, l’animatrice a proposé un travail sur la souplesse des gestes - à l’aide de pinceaux et d’encres, re-dessiner les lettres de l’alphabet, celles de leurs prénoms, etc... Petit à petit, une aisance a surgi avec le plaisir. Sur les 12 personnes âgées présentes au premier atelier, 3 d’entre elles avaient accepté d’écrire, pour elles-mêmes et pour les autres participants qui ne pensaient pas pouvoir reprendre un stylo. En fin d’année, toutes les personnes âgées écrivaient elles-mêmes leurs propres textes et lettres. Toute cette pratique d’écriture sollicite beaucoup les personnes âgées dans leur imagination, leur mémoire, et leur redonne une vivacité d’esprit, une présence... comme après une bonne marche ! Témoignage d’enfant « Au début, quand on s’est donné rendez-vous avec ma copine pour aller voir Antoinette, on avait peur que ce soit la vieille qui marche avec ses yeux fixes en bavant et qu’on croise quand on va à la cantine de la maison de retraite. Heureusement, c’est pas elle, mais quand même elle est très vieille. Mais après, quand on est retournées parler avec elle, on n’a plus fait attention à ça ». Extraits de correspondance « J’ai dix ans. Je vous envoie ce poème : Douce lumière du jour / pour toujours / m’aimes-tu encore / avec ce bruit sonore / réponds-moi / avec ta voix / ta vraie voix / car je suis gentille / donne-moi un lit / ouvre-moi ». « Je te remercie et apprécie ce poème. Quand j’avais ton âge, j’avais un carnet où je notais ce qui me touchait et j’aimais le relire. Aujourd’hui je ne sais plus où il est ». « A quel âge avez-vous commencé à travailler ? » « A l’époque, on ne nous demandait pas si on préférait le travail ou l’école. Comme nous étions une famille nombreuse, mes parents m’ont demandé d’aller travailler à l’usine. Je m’y plaisais beaucoup car l’ambiance était bonne. Comme j’étais jeune, j’ai commencé par un travail très simple. Je pliais des vestons pour les militaires car nous étions en peine guerre. Pour toi la vie n’est pas la même et c’est bien mieux. Bonne chance pour toi ». Poème collectif des personnes âgées aux enfants « A toi futur aviateur / conduit ton vol vers le bonheur / A toi qui sera chansonnier / fait rêver le monde entier / Mais si tu n’es que cordonnier / fabriques de bons souliers / afin que nul n’aie mal au pieds / et pour clôturer en beauté / soit sans orgueil ni vanité / gardes pour toi ton cher secret / il t’appartient, il est sacré ». Les enfants comme les personnes âgées qui ont participé à l’action 2004 ont réclamé la reconduction des ateliers. Une maison de retraite du canton voisin a contacté la responsable du projet pour envisager sa reproduction dans son établissement. |
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Organisme porteur :
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Association culturelle "La filature du pont de fer" 81, rue de la Place BP10 30460 Lasalle Languedoc-roussillon Tél: 04 66 85 11 67 Email: lafilature@club-internet.fr Contact: Omé Martine artiste |
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